Une pétition nationale pour mettre fin à la précarité dans les hautes écoles suisses

With already 1 Supporters
67.3875%
We still need 1 Supporters

Pétition

PÉTITION ADRESSÉE A L’ASSEMBLÉE FÉDÉRALE

Pour la création d’emplois permanents dans le monde académique: de meilleures conditions de recherche, d’enseignement et de travail

Les signataires font appel à l’Assemblée fédérale pour l’adoption de mesures concrètes visant à protéger la santé et la vie familiale du personnel scientifique, améliorer ses conditions de travail et garantir la qualité des connaissances produites. À ce titre, la mesure suivante nous semble indispensable: la création d’un nombre conséquent de postes stables pour les chercheur-euse-s post-doctoraux-ales.

Les positions académiques doivent être diversifiées par la création ou l’expansion d’un statut stable, situé entre les assistant-e-s doctorant-e-s et les chaires professorales. Assurer la stabilité de ces postes et leur financement dans la durée implique de «convertir les catégories de postes jusqu’à présent à durée déterminée en postes à durée indéterminée et réduire les ressources destinées aux projets de recherche en faveur d’un financement de base des hautes écoles accru» [1] , comme le suggère l’Académie des sciences humaines et sociales (ASSH) dans son rapport Next Generation. L’Assemblée fédérale doit adresser un message clair aux établissements d’enseignement supérieur, à leurs instances représentatives et au Fonds national suisse (FNS) pour que les politiques d’engagement et de promotion de la relève soient réformées avec l’objectif de créer un nombre conséquent de postes stables, accessibles le plus rapidement possible après l’obtention du doctorat.

[1] Académie suisse des sciences humaines et sociales (2018). Next Generation: pour une promotion efficace de la relève. Swiss Academies Reports 13 (2), p. 44.

Pourquoi signer?

En Suisse, 80% du personnel académique hautement qualifié est engagé avec des contrats précaires. Nous pensons qu’une société riche et axée sur l’éducation comme la Suisse peut faire mieux !

La relève scientifique helvétique fait face à des conditions de travail de plus en plus précaires et oppressantes portant atteinte à la santé des chercheur-euse-s et à la qualité de la recherche produite en Suisse. Dans le système académique suisse, seul-e-s les professeur-e-s bénéficient de postes stables (à quelques exceptions près), tandis que 80% du personnel scientifique des hautes écoles universitaires est employé sur des contrats précaires [1]. C’est le cas des 41’000 personnes qui constituent en Suisse le « corps intermédiaire », une catégorie regroupant doctorant-e-s, post-doctorant-e-s, chargé-e-s d’enseignement et collaborateurs-trices scientifiques [2]. L’excellence de la recherche scientifique suisse repose principalement sur un personnel hautement qualifié, soumis à un processus de précarisation croissant. Sans le travail des chercheurs-es de ce corps intermédiaire, la recherche ne pourrait pas exister.

Or les chercheur-euse-s du corps intermédiaire connaissent de très nombreuses difficultés dans la réalisation de leurs activités professionnelles. Leurs conditions d’emploi sont marquées par des contrats multiples à durée déterminée (au mieux de quelques années, fréquemment de quelques mois, couramment à temps partiel et souvent liés à des projets de recherche limités dans le temps), des revenus insuffisants, peu d’autonomie dans l’organisation d’activités académiques, une dépendance personnelle vis-à-vis des professeur-e-s et des perspectives quasi inexistantes d’occuper un jour un poste académique stable.

Dans ce contexte de précarité structurelle et de concurrence exacerbée, les exigences de productivité imposent une course à la publication, concomitante à la recherche permanente de financement et/ou d’emploi – souvent dès la phase de réalisation du doctorat. Un tel contexte favorise des abus tels que les heures supplémentaires non rémunérées, les discriminations de genre qui se reflètent jusqu’en haut de la pyramide académique [3], le harcèlement, le mobbing, le favoritisme, l’appropriation des résultats de recherche ou des publications, ainsi que d’autres formes d’exploitation. Ces situations engendrent dans nos instituts et départements de recherche des burn-out en série et un véritable gâchis sur les plans humains et scientifiques : projets de recherche interrompus et abandons précoces des carrières académiques, difficultés à construire un projet personnel ou familial dans un contexte d’emploi précaire et/ou invasif, renoncement provisoire ou prolongé à un projet de parentalité, etc. De même, l’injonction à une mobilité internationale après le doctorat implique très souvent le renoncement à une vie familiale et contraint particulièrement les femmes à quitter le monde académique, accroissant ainsi les inégalités de genre.

Le problème est criant et a pris des proportions énormes depuis la mise en œuvre du processus de Bologne, au début des années 2000, visant à établir un espace européen de l’enseignement supérieur (EEES) en mettant en concurrence les universités. Un rapport du Conseil fédéral notait déjà en 2014 que « dans les universités suisses [il y a] relativement peu de postes différenciés et autonomes, qui permettraient à de jeunes chercheurs, tôt dans leur trajectoire, de mener une recherche personnelle et de planifier une carrière à long terme » [4]. En partant du même constat, l’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH) incitait en 2018 les hautes écoles universitaires à « augmenter le nombre de postes à durée indéterminée pour les scientifiques de haut niveau » [5]. Les associations du corps intermédiaire lancent aussi des cris d’alerte depuis plusieurs années. Malgré l’urgence de la situation, ces appels n’ont toujours pas abouti à une réforme de fond, alors même que la crise sanitaire du COVID-19 a révélé la grande fragilité de ces postes et l’absence de protection des chercheur-euse-s en Suisse.

Il est donc impératif que l’Assemblée fédérale réagisse à ce mal-être profond et prenne les dispositions nécessaires en matière de politique de la recherche.

[1] Académie suisse des sciences humaines et sociales (2018). Next Generation: pour une promotion efficace de la relève. Swiss Academies Reports 13 (2), p. 11.

[2] Basé sur les données de l’Office fédéral de la statistique (2019). Personnel des hautes écoles universitaires 2018 (tableau 5c). Notre chiffre comprend les assistants et collaborateurs scientifiques, les autres enseignants ainsi que le personnel de niveau intermédiaire des hautes écoles spécialisées et des hautes écoles pédagogiques.

[3] Encore aujourd’hui seulement 23,4% des professeur-e-s ordinaires dans les hautes écoles universitaires suisses sont des femmes (OFS, 2019).

[4] Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (éd.) (2014). Mesures pour encourager la relève scientifique en Suisse. Rapport du Conseil fédéral en exécution du postulat CSEC-CE 12.3343, p. 7

[5] Académie suisse des sciences humaines et sociales (2018). Next Generation, op. cit., p. 45.

Petition by,
Petition Committee

SIGNER ET PARTAGER

[OPTIONAL] I want my name and affiliation to be displayed on this website. Otherwise, names and addresses of signatories will be stored confidentially and transmitted to the Federal Assembly upon submission of the petition.
I agree that the information I enter in this form will be transmitted to the Swiss Federal Assembly as part of the petition submission.

    Organisations de soutien

    Associations du corps intermédiaire

    Syndicats

    Petition by,
    Petition Committee

    Site web d’information